LE DEPEUPLEUR  (lecture en public / 45 min.)
Samuel Beckett (1906 – 1989).

 

C’est le hasard qui m’a mené à ce « petit » livre. Ce fût également mon envie de connaitre autre chose que ce que tout le monde, ou presque, connait de Beckett : En attendant Godot. Plus que le hasard ce fût donc la curiosité. C’est à mon avis l’adjectif qui caractérise le mieux ce Dépeupleur : « curieux ». L’occasion m’étant donnée par une amie de me confronter à l’exercice de la lecture en public, cette œuvre m’a semblé dès lors tout appropriée.

Le grand malheur de Samuel Beckett semble qu’il se soit cru compris de ses contemporains. Ici, il n’y a rien à comprendre ; il faut juste se laisser entrainer par l’imaginaire de cet auteur démiurge. Il s’amuse, littéralement, à créer ce petit monde clos, ce « petit peuple », tout en détruisant avec cette dérision qui lui est propre, les repères du notre qui se veut si sûr de lui. Même si la confusion s’insinue, légère, troublante, tout ceci a cependant sa logique.
Parue en 1971, Beckett a écrit cette nouvelle en français. Par son style simple, ciselé, sans emphase, qui permet toutes les lectures possibles ; par une langue ironique et joueuse, on passe d’un extrême à l’autre. On rit puis on frissonne en l’espace de quelques mots ou tournures de phrases. A l’instar de ces « corps » livrés aux changements brutaux de température du cylindre dans lequel ils évoluent et cherchent. Mais que cherchent-ils au juste ?


LETTRES A UN JEUNE POETE. (Lecture en public /45 min.)
Rainer Maria Rilke (1875 – 1926)

 

Dans mes pérégrinations bibliophiles je découvre cette dizaine de lettres écrites de la main de R. M. Rilke entre 1903 et 1908. Je découvre par la même occasion cet homme de lettre, poète, nouvelliste et aussi secrétaire particulier de Rodin. Homme sensible, grand voyageur, il est l’auteur de nombreuses correspondances épistolaires. Le propos ici est simple : un jeune homme méconnu, désirant s’adonner à la poésie, demande conseil au poète aguerri et jouissant d’une certaine notoriété qu’est Rilke. On devine juste les doutes qui rongent le jeune homme mais l’on savoure pleinement les réponses que lui fait Rilke. Il s’adresse à lui avec autant de bienveillance que d’humilité. Et plus que des conseils techniques ou des critiques prodigués sur la qualité de ses vers, Rilke invite le jeune poète à descendre en lui-même pour y puiser la force créatrice et l’envie d’avancer. C’est une leçon de vie, de spiritualité aussi. C’est une réflexion sur l’intime, sur ce qui nous guide en chacun de nous, que l'on soit artiste ou pas. Etant créateur moi-même, ces lettres m'ont véritablement touché et ont encore une belle résonnance. Je ne peux ici qu'avoir envie de les partager.